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Mercredi 20 août 2008
- Par Samir Mashouka - Publié dans : Politique de décroissance de la consommation - Communauté : Décroissance
Étant élève-ingénieur en "environnement",  et malgré tout davantage partisan d'une écologie anti-consumériste, que d'une écologie des biens de consommation "propres", je vous propose une solution futuriste, écologique, peu coûteuse, et ne demandant ni haute technologie, ni un travail énorme pour être mise en place, pour tondre la pelouse: La Tonte Animale !!!

L'idée est de débarasser
les services municipaux d'entretien des espaces verts des tondeuses à gazon ou débroussailleuses qui consomment de l'essence (ou de l'électricité), qu'il faut transporter par camion, qu'il faut envoyer à pétaouchnock pour les réparer,qui se cassent à cause d'un caillou sur la pelouse, auxquelles il manque quelquefois une pièce nécessaire à sa réparation (qui ne se fabrique plus car modèle trop ancien). Conclusion : les tondeuses, c'est pas pratique, ça consomme, ça pollue et ça coûte pas mal. De plus le jardinier se pète les oreilles, car ça fait du bruit, et se fait mal au dos car une tondeuse c'est lourd à pousser.

Je pourrais proposer l'usage des tondeuses mécaniques, qui utilisent le mouvement des roues comme seule énergie. Mais j'imagine que l'utiliser doit être aussi fatiguant pour celui qui la passe, et tant qu'à être créatifs, proposons autre chose.

Je propose donc l'utilisation dans un cadre urbain, de vaches, de moutons ou de chevaux, bref des animaux qui mangent de l'herbe, pour tondre la pelouse municipale. Ne rigolez-pas, cela se fait déjà avec des moutons, Turin l'a expérimenté : (http://bienbienbien.net/2008/04/04/a-turin-on-tond-le-gazon-avec-des-moutons/ ) et la ville de Curitiba, au Brésil (Journal La Décroissance n° 51 Juillet/Août 2008), ville de 2 millions d'habitants, a définitvement adopté ce système.

La ville pourrait disposer d'un ou plusieurs troupeaux, qu'elle pourrait éventuellement garder dans des petit enclos au sein d'un jardin public, (de la même manière que dans certains jardins publics, il y a des oiseaux exotiques ), et l'idée serait de  les promener à l'heure du repas dans les pelouses publiques pour que ces charmantes bêtes aillent les brouter. On pourrait carrémenet les laisser vivre dans le parc à condition qu'ils soient bien dressés (car sinon ils mangeraient les fleurs aussi) et que la population soit bien informée. (Dans un contexte plus rural, pour être allé en Haute-Savoie, j'ai eu l'occasion de marcher sur des chemin de randonnée, qui traversaient des paturages avec des troupeaux de vaches, la cohabitation entre randonneurs et ruminants est donc possible, pourquoi pas celle avec les citadins ?)

Il faudra certes tolérer des pelouses un peu plus hautes (c'est à dire aller vers 6 à 8 cm de hauteur au lieu de 3), car avec des animaux on ne pourra pas aller au ras du sol. Ceci dit, en bas de chez moi les jardiniers avaient négligé durant deux semaines les pelouses, et du coup c'était un peu plus haut - 12 cm  environ, mais il y avait des paquerettes, des violettes, et plein d'autres fleurs, c'était très joli.

Alors  trois solutions : moutons, vaches et chevaux. Les trois à la fois c'est possible aussi, on pourrait rajouter des chèvres éventuellement.

L'inconvénient du mouton et des vaches, c'est que s'il faut les déplacer, les déplacer par troupeau c'est difficile et gênant dans une rue, même piétonne, il est donc souhaitable qu'ils vivent à proximité du parc qu'il vont tondre. Cependant, les troupeaux de ces moutons urbains pourraient fournir de la laine (à un couturier), et les troupeaux de vaches du lait (histoire de fournir un ou deux crémiers). Et à leur mort naturelle, on pourrait récupérer leur peau, pour faire des peaux de tambour éthiques (mouton), ou du cuir éthique (vache). Ces deux animaux en plus de tondre feraient fonctionner l'artisannat local, (ou le faire revenir en centre ville à la place des parfumeries).

Le cheval est je pense la solution urbaine la plus adaptée pour des villes de 20 000 habitants et plus. Avec la raréfaction des énergies fossiles, il n'est pas fou de revenir (du moins partiellement) à la traction animale. Le cheval en plus de tondre les pelouses, pourrait tout à fait le reste de son temps servir pour des polices montées, ou alors pour tracter des remorques afin de remplacer les camions ou camionnettes des services municipaux. En particulier le ramassage des ordures ménagères, avec ses arrêts fréquents, n'a pas besoin d'un camion de 200 chevaux (moteurs) de puissance. Une remorque avançant à 10 km/h tractée par des chevaux pourrait convenir. La l'ingénieur que je serai peut-être vient d'optimiser la consommation énergétique, on passe de 200 chevaux moteurs à 2 ou 4 chevaux réels. Non seulement on économise de l'essence (une tondeuse consomme 2 litres par heure) à faire tondre la pelouse par des chevaux, mais on en économise d'autant plus que les chevaux servent à remplacer des camions consommant eux 40 à 60 litres aux 100 km (on est ici en cycle urbain donc ça consomme bien).

Brigitte Bardot serait choquée, mais on peut tout à fait envisager des conditions de travail décentes pour ces animaux.

Les fabricants de tondeuses vont chercher la faille de tout ceci en me rétorquant par exemple que ceci engendrerait des excréments ou des bouses dans les jardins municipaux. Mais comme je suis ingénieur et que je pense à tout, il suffit pendant la tonte d'accrocher un seau sur le cul de l'animal, afin que ses excréments ne tombent pas par terre. Ne me dites pas que ce n'est pas possible, cela se fait dans ma ville pour des calèches de touristes sur des chevaux.

Allons encore plus loin dans l'utilitarisme, les bouses ou crottins ainsi récoltés pourront être mis en place dans un fermenteur, avec d'autres déchets organiques (feuilles mortes ou déchets de tailles de haies), afin de récupérer le gaz causé par leur décomposition (procédé de méthanisation), qui pourrait être une source d'appoint d'énergie renouvelable pour des véhicules motorisés dont nous ne saurions nous passer (ambulances, pompiers....).

Cerise sur le gâteau, la présence de ces animaux dans des jardins publics, surtout s'il s'agit d'une grande ville, peut être pédagogique. Ceci pourrait s'inscrire dans une vaste démarche éducative où les jardins publics ne seraient pas uniquement fait pour être beau, qui pourraient contenir variété d'animaux et de plantes de la campagne, afin que les citadins puissent les découvrir et pouvoir les reconnaître le jour où ils vont voir mémé à la campagne. Les enfants urbains, n'ayant jamais connu la campagne pourront voir des vaches et des moutons pour de vrai. Ainsi ils n'exprimeront plus le désir d'aller dans ces prisons que l'on appelle zoos où l'on donne des Pop Corn à des phoques, car ils auront eu la confrontation avec l'animal qu'ils cherchent peut-être dans ces zoos.

En allant plus loin, sachant que de nombreux arrêtés municipaux interdisent les tondeuses le dimanche pour cause de bruit, les communes ou des particuliers pourraient louer (ou mieux prêter gratuitement) les service d'un ou deux mouton pour tondre sa pelouse (même le dimanche après-midi).  On a vraiment tout à y gagner la dedans, qu'attend-on ?

Evidemment, pour un futur ingénieur, c'est suicidaire pour mon métier de proposer ça, et ça fait pas sérieux. En effet, d'un ingénieur "environnement", on attendrait qu'il propose une tondeuse de sa conception fonctionnant à l'énergie solaire ou à l'air comprimé. En faisant ça en gros, je me met au chômage, et je met au chômage tous la branche industrielle "tondeuse". Mais quel est le plus réaliste des scénarios ?  passer des mois à chercher des systèmes complexes, aller extraire des tonnes de silicium, pour fabriquer des panneaux solaires, pour des tondeuses qui marcheraient plus ou moins bien, selon la luminosité des lieux (et d'ailleurs on est jamais sûr que des choses comme celà marcheraient), ou élever quelques animaux qui ne consomment ni essence, ni électricité, et dont l'organisation de cette tonte ne demande que quelques aménagements (enclos, abris), et qui de surcroît redonnent de la vie aux parcs, aux centres ville, et pourraient s'avérer fort utiles dans une logique de réduction de la consommation d'énergie fossile, et de la réduction de la pollution atmosphérique urbaine (via la traction animale).

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Commentaires

Je trouve l'idée très attrayante et intelligent et j'y pense même mais pour le terrain autour de ma maison (4000m2). J'ai lu également que les Wallabies pouvaient être utilisés dans ce but (animaux sympas). Avez-vous plus d'information à ce sujet (contraintes vis-à-vis des animaux, notamment l'hiver, coût, autres animaux possibles en fonction de la surface du terrain, etc.) ?

Commentaire n°1 posté par Dominique MAURAS le 22/05/2009 à 23h23

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