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Altermondialisme, Antimondialisme

Vendredi 22 février 2008
- Par Toshiba Samir Mashouka - Publié dans : Altermondialisme, Antimondialisme - Communauté : Communauté de l'opposition
Un service public c'est quoi ? C'est une entreprise qui offre un bien ou un service à une collectivité, et qui cherche avant tout à rendre quelque chose de qualité aux gens (eau, routes, trains, poste, énergie, etc...), et les profits faits (s'il y en a) sont réinvestis pour le bien de la collectivité, ou vont à l'état pour d'autres services publics qui ne rapportent pas d'argent (comme l'éducation) . Cela peut présenter des dysfonctionnements, il peut y avoir un manque de dynamisme, cela peut être une charge pour l'état car un service public peut-être déficitaire, mais sinon,c'est quelque chose que je trouve dans le principe très positif.  Je ne vois pas en quoi l'existence de services publics pose un problème sur les besoins les plus fondamentaux (après pour des choses comme le tabac, je comprends que c'est quelque chose qui n'a pas une vocation de service public et on peut comprendre pourquoi ça a été privatisé dans le passé). De nombreux partisans de la privatisation arguent que ce serait des meilleurs prix, un meilleur choix des services, etc... D'autres partisans, moins experts en économie, justifient la privatisation par leur ressentiment envers les fonctionnaires qui font souvent des grêves, par leur lassitude de voir des trains qui arrivent en retard, et une poste qui marche pas bien.

La privatisation consiste à confier à des intérêts privés quelque chose qui est utile à tout le monde. Quand on privatise quelque chose comme l'eau par exemple, on offre à une petite élite (dont nous ferons probablement jamais partie : directeurs de multinationales et rentiers) le privilège de s'enrichir à titre personnel, de s'en mettre plein la poche, grâce à un  appareil d'utilité publique satisfaisant un besoin fondamental. On crée ainsi des grosses fortunes, ou on en agrandit d'autres, alors que ce même argent aurait pu servir à l'état, aux associations (via des subventions) ou à des oeuvres caritatives, humanitaires, culturelles ...

C'est selon cette logique qu'au lendemain de la seconde guerre mondiale, le conseil national de la résistance a nationalisé beaucoup d'entreprises, dont des banques, pour lutter contre les puissances d'argent qui avant la guerre avaient soutenu (en faisant des prêts bancaires en ce qui concerne les banques) l'Allemagne nazie, et qui avaient travaillé pour l'occupant durant la guerre, au nom de la recherche du profit maximum.  Je vous invite à voir une interview de Raymond Aubrac à ce sujet :

http://www.dailymotion.com/relevance/search/aubrac/video/x17o06_raymond-aubrac-entretien_politics
(le passage concernant les privatisations se trouve à 4 minutes 50)

Puisque le but d'une société privée est le profit (mis à part les entreprises à but non lucratif), ce qui se passe lors de la privatisation peut être : 

- la hausse des prix des services : la privatisation des régies municipales de l'eau a souvent augmenté le prix de l'eau à tel point que des maires (même des maires libéraux) veulent revenir aux régies municipales

- la diminution des services : la privatisation du fret de la SNCF qui s'est effectuée en été 2007 a causé la diminution du trafic de fret par rail et une augmentation du trafic de fret par camion sans que le trafic par bateau ait augmenté, or il va sans dire que la voie marine est moins polluante que le rail, lui même moins polluant que la route. La privatisation du trafic voyageur SNCF (qui est prévue pour 2012 et qui j'espère ne passera pas), pourrait donc se traduire en la suppression de dessertes et la fermeture de lignes voyageur, et donc l'augmentation du trafic routier bien plus consommateur d'énergie (alors que le pétrole va bientôt manquer).

- la création de nouvelles puissances d'argent (ou trusts ou multinationales), dont les intérêts sont contraires à l'intérêt général, puissances qui créent des lobbys, pour certaines des mafias, qui sont obnubilés par le pouvoir et l'argent. Pour exemple de ces puissances d'argent émergentes: Véolia qui fait exploser son action tout en augmentant le prix de l'eau.

-la création d'une concurrence entre des établissement qui ne sont pas fait à ce but. deux entreprises de fabrication de soupes se font la concurrence et c'est normal car l'une a une meilleure recette que l'autre qui est moins chère, mais pour des hopitaux par exemple, il ne devrait pas y avoir de concurrence car tous les hopitaux devraient pouvoir offrir les mêmes soins à leurs patients. Imaginez d'ailleurs la catastrophe que ce serait d'avoir un hôpital qui cherche le profit au lieu de chercher à soigner les patients. imaginez qu'un hôpital transformé en entreprise, mettrait à la porte des médecins par souci de rentabilité financière, alors que les urgences manquent de médecins.

C'est vrai que le service public français devrait fonctionner mieux, mais pourquoi voit-on la privatisation comme l'unique solution alors que c'en est pas vraiment une, ou même si c'en était une, ce ne serait pas la seule. On ferait mieux de se dire que les services publics fonctionneraient bien si l'on évitait tous les gaspillages, et s'ils étaient mieux organisés : c'est une question de bon sens.

Alors pourquoi la privatisation ?
Parce qu'elle est imposée par l'OMC, parce que des intérêts privés exercent des pressions sur la classe politique, que d'autres pays la font, et que c'est une solution de facilité pour ceux qui sont au pouvoir, car pour eux c'est un service public en moins à s'occuper. Comme le dit André Achieri, maire de la commune de Mouans-Sartoux (Alpes Maritimes), maire  qui a conservé les régies municipales dont celle de l'eau : "Si quelqu'un a mal au ventre, c'est nous(la mairie) qui allons au tribunal". *  Ce qui explique bien le manque de courage de certains maires (même de gauche) cédant leurs services municipaux à des entreprises privées.

Mais alors vous, citoyens, pourquoi voulez-vous la privatisation , oui pourquoi ?


 * Source : Mensuel La décroissance N° 45 décembre 2007/janvier 2008, page 5




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Mercredi 30 mai 2007
- Par Toshiba Samir Mashouka - Publié dans : Altermondialisme, Antimondialisme - Communauté : Libre pensée politique

Les clips ministériels sur les thèmes de la sécurité routière, l’alcoolisme, le tabagisme, ou l’écologie … sont de plus en plus nombreux. Pour ces clips là je ne peux que me féliciter de voir ainsi des minutes de publicité en moins. En revanche parmi ces clips ministériels, je me suis énervé en en voyant un sur la contrefaçon. Le clip se présentait ainsi : une jeune femme arrive sur un étal, saisit une chaussure, hésite deux ou trois secondes, puis repose la chaussure et s’en va, à la fin une voix off dit « la contrefaçon détruit X emplois en France » (je ne me souviens plus du nombre).
Il ne s’agit pas là de défendre aveuglement la contrefaçon mais de dénoncer un courant de pensée bien-pensant, aveugle sur une grande partie de ce phénomène.
I – Les multinationales

Le leitmotiv du discours anti-contrefaçon, est que la contrefaçon, c’est le travail au noir, que la contrefaçon c’est le non-respect des droits d’auteurs (s’il s’agit du domaine artistique), c’est le non-respect du code du travail, c’est intimement lié aux trafics d’armes et de drogue, à la mafia, au travail des enfants... Toutes les contrefaçons ne prennent pas la même forme, mais il est vrai que ces arguments se vérifient la plupart des cas. Ne contredisons donc pas ces discours-là, car ils sont hélas vrais, mais tenons un autre discours qui est moins souvent tenu.

Acheter un produit de contrefaçon, peut dans certains cas être moins immoral que d’acheter un produit authentique. Relisez le paragraphe précédent ………… l’univers de la contrefaçon est certes répugnant, mais après réflexion, il se trouve que celui des multinationales est quasiment identique. En effet Nike, Adidas, Sony... font la même chose : travail des enfants, salaires de misère, semi esclavagisme et pourtant il restent impunis : aucune autorité ni institution n’ose s’attaquer à eux. Cette « mafia légale » tire les rênes de l’OMC, qui elle-même contrôle les états (parenthèse : c’est l’OMC qui demande aux états membres la plantation d’OGM en plein champ, sans quoi des sanctions financières s’appliquent ; si cela ne tenaient qu’à eux, les chefs d’états ne l’accepteraient pas en général, preuve que des organisations de ce type ont souvent plus de pouvoir que les chefs d’états et c’est d’autant plus fâcheux que les dirigeants de ces institutions ne sont pas élus par le peuple). Au final, la seule différence entre Nike et leurs contrefacteurs, c’est que Nike est protégé par la loi. Tout dépend du réseau de contrefaçon, mais tout compte fait, d’une certaine manière le produit Adidas contrefait peut se révéler plus moral, car déjà il est moins cher (vendre des chaussures à 300 euros est absolument scandaleux) et donc crée moins d’argent sale. Je ne suis pas spécialiste en réseau de contrefaçon, mais acheter une fausse Rolex, à un vendeur à la sauvette, permet au moins à cette personne (souvent un(e) immigré(e) clandestin(e)) de trouver de l’argent pour vivre : je trouve ceci plus moral que de l’expulser, ou de lui infliger la double peine (prison + expulsion).
II – Le téléchargement et la musique

Parlons maintenant du téléchargement illégal, autre cible des maniaques de la jurisprudence. On entend dire que c’est honteux de télécharger illégalement parce que ça prive les artistes de leurs revenus. Je suis d’accord avec cet argument lorsqu’il s’agit de disques sur un label indépendant, mais concernant les majors (Universal, Virgin, Sony, EMI), la vente légale de musique ne sert juste qu’à engraisser les Messier, les actionnaires et compagnie… (D’autant plus que sont eux-mêmes et non pas les musiciens qui tiennent ce genre de discours.) À qui profite l’argent de la vente d’un disque ? Sur un titre téléchargé légalement et acheté à 0,99 euro sur une plateforme Internet, voici comment sont répartis les bénéfices :
 
Ce qui ne profite pas à l’artiste :
61 centimes pour le major
1 centime pour la banque (frais bancaires)
19 centimes vont à l'État avec la TVA
 
Les frais nécessaires à la commercialisation :
6 centimes pour le site de téléchargement (il faut tout de même qu’ils achètent des serveurs)
1 centime pour la communication de la transaction

Les frais qui peuvent indirectement rendre service à l’artiste mais qui ne remplissent pas son garde-manger :
7 centimes vont à la SACEM
1 centime pour la licence technique de gestion

L’artiste touche donc directement 3 centimes d’euros.

Au final, 60 % des revenus de l’industrie du disque revient aux majors et aux multinationales du multimédia, 19 % à l’état, 7 % constitue les frais nécessaires à la publication du média (prix du disque vierge et boîtier ou serveur pour téléchargement légal), 7 % part en droit d’auteur, et seulement 4 % profite à l’artiste. Ramené au prix d’un CD (20 €), le faible pourcentage ci-dessus, fait que l’artiste reçoit au plus un euro par disque. Cet euro est partagé entre tous les interprètes du disque, et le budget commun du groupe (le groupe doit acheter du matériel de concert, de la sonorisation, louer des salles, des studios d’enregistrement …). Prenons un groupe de quatre musiciens qui vent 50 000 exemplaires de son album pour ce genre de major, il gagne 50 000 euros, la moitié environ part pour les frais, l’autre moitié dans la poche des musiciens ; ces 4 musiciens gagnent donc chacun 25 000 / 4 = 6250 euros et un groupe fait rarement plus d’un album par an, nos 4 musiciens ne croulent donc pas sous l’or, car cela veut dire qu’ils gagnent 520 € environ par mois. C’était un groupe de 4 personnes, imaginez un orchestre symphonique … Imaginez-vous que tous les musiciens qui vendent 50 000 albums gagnent aussi peu (50 000 c’est tout de même un disque d’argent). En fait l’essentiel de leurs revenus viennent des concerts. Et là il est vrai que certains gagnent beaucoup (comme un certain Monsieur dont le nom commence par Joh et finit par nny Hallyday). La conclusion que je donne à cette analyse est que j’encourage le téléchargement illégal sans avoir aucun scrupule pour des disques produits par des majors, ou pour des vedettes comme Hallyday, les Stones, Céline Dion, etc…,  car les majors et ces derniers gagnent beaucoup trop, et en plus ils ne veulent même pas payer leurs impôts. Sinon je vous conseille de télécharger illégalement sans aucun scrupule les œuvres d’artistes morts, car dans ce cas, l’argent ne va que dans la poche des majors (ils ne vont quand même pas s’amuser à verser des royalties sur la tombe de Jimi Hendrix). Quant aux groupes qui signent sur des labels indépendants, de manière générale, ils s’en fichent que des jeunes fauchés comme eux téléchargent illégalement. Pour la musique classique, les œuvres sont pour la plupart dans le domaine public, et produite par des majors, dans ce cas je vous recommande, de les acheter en vinyle ou de télécharger, et si vraiment vous tenez à les payer, il faut privilégier les concerts. Mais le téléchargement peut s’avérer sans intérêt car, quand on voit l’intégrale Bach 170 CD à 99 euros, finalement c’est plus avantageux que d’acheter 170 CD vierges.

Une règle fondamentale de l’économie (et finalement du bon sens) veut que les entreprises gagnent de l’argent que si l’on achète leurs produits, d’où les profits records des multinationales qui, soit monopolisent un marché, soit les occupent tous. En refusant d’acheter et en téléchargeant systématiquement les produits d’un major, il ne touchent pas d’argent et tant mieux. (C’est par ce même type de boycott, que finalement on lutte autant contre l’effet de serre en refusant d’acheter de la viande, qu’en faisant du vélo).

Et puisque l’on parle de contrefaçon, quand je vois que l’on considère Hallyday comme le père du rock’n’roll hexagonal, je ne peux que me permettre de dire que ce monsieur et sa musique ne sont qu'une contrefaçon du rock’n’roll, la rock and roll attitude s’interdit d’aller sur un plateau de Drucker pour souhaiter les bon voeux au premier ministre. Quant aux Star Académiciens et Nouvelles Stars ainsi que tout le contenu des radios libres (qui ne sont plus libres) leur musique est tellement nulle qu’ils ne méritent pas de gagner de l’argent pour leur musique : il ne faut pas acheter leurs disques, parce que c’est de la contrefaçon musicale, et il ne faut pas donner d’argent aux réseaux de contrefaçon.

Le téléchargement illégal est donc très moral et très éthique au final.
(Il va de soi aussi que pour des raisons éthiques, le trafic de fausse ivoire et d’armes factices est préférable au trafic de vraies armes et d’ivoire véritable.)


III – Abus du terme « contrefaçon », de la propriété intellectuelle et des brevet
 
Après, il faut se méfier de l’utilisation du terme « contrefaçon ». En effet, les entreprises de l’industrie chimique et agro-alimentaire (BASF par exemple), tentent de faire breveter leurs semences OGM, au nom de la propriété intellectuelle. Tout comme des entreprises du logiciel qui font breveter leurs algorithmes. À quand le brevetage du théorème de Pythagore, le brevetage de la Seine, le brevetage du mot « bonjour », le brevetage des blagues de toto et le brevetage de l’ADN humain ? Un être sensé n’aurait pas à voir ces inquiétudes, mais pourtant c’est ce qu’il se passe de plus en plus. Les conséquences sont que les agriculteurs peuvent être accusés de contrefaçon si ils utilisent leurs propres graines et refusent les semences OGM vendues par l’industrie, et que certains concepteurs de logiciel libre se voient interdire leur logiciels car ils utilisent des algorithmes pourtant classiques qui ont été acheté par des grosses boîtes. (Un algorithme est une série d’instructions envoyée à une machine par exemple, mais d’une certaine manière la méthode pour faire la vaisselle à la main est un algorithme la phrase suivante :  si la piscine est ouverte, je rentre faire un plongeon, sinon je vais en ville, si en ville il fait beau, je vais lire dans le jardin public, sinon je vais à la bibliothèque ; dès 20 heures, j’arrête toute activité pour aller manger, donc si l’algorithme pour faire la vaisselle à la main est breveté, soit tu paies très cher des droits pour faire la vaisselle à la main, soit tu trouves une autre manière de faire la vaisselle à la main que la seule qui existe). Ces fermiers et informaticiens pourtant honnêtes et innocents sont donc aussi la cible des anti-contrefacteurs acharné, classant ces gens comme contrebandiers, alors qu’ils ne font qu’utiliser des choses qui ne devraient pas avoir de valeur comptable (graines, théorèmes et algorithmes).

Articles connexes : logiciels libres http://www.gnu.org/philosophy/savingeurope.fr.html, semences http://www.kokopelli.asso.fr/

Sur les brevets, l’OMS, plus soucieuse de protéger l’industrie pharmaceutique que la santé des enfants du tiers monde, avait en 2004 interdit à des pays comme l’Afrique du Sud de produire des médicaments de trithérapie (contre le sida). Ce crime contre l’humanité pourtant considéré comme un progrès par l’OMC, incite donc la contrefaçon de ces médicaments. Si de faire des génériques de ces médicaments est de la contrefaçon, on peut dire que la contrefaçon peut sauver des vies, sauf que les médicaments contrefaits sont généralement des placebos ou du poison.
 
 
Conclusion

Voilà. Pour revenir au point de départ, c’est à dire le clip, on peut finalement conclure qu’il y a deux poids, deux mesures, car les autorités cherchent à condamner à tout prix la contrefaçon sans même s’attaquer à ses causes et en défendant des entreprises qui ont un comportement pire que leurs contrefacteurs. La contrefaçon n’est pas nécessairement positive, mais il faut éviter les abus de ce terme. Quant à la destruction des emplois, et bien, d’acheter des vrais Nike détruit autant d’emplois que la contrefaçon, car ce geste, répété par des millions de consommateurs encourage cette entreprise à délocaliser, détruire des emplois et générer une forme de quasi-esclavage. Ce qui est dit dans ce clip est vrai, mais ce qui n’est pas dit dans ce clip est vrai aussi.

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