Le retour du roi - premier volet: le non-respect de la séparation des pouvoirs

Publié le par Toshiba Samir Mashouka

Voici le premier volet d'une série d'articles, sur la république dictatoriale "soft", "hype", I-Pod au parfum de Malibu et de prémix, sur une bande son de Dance Music de Martin Solveig, avec de nouvelles idoles insipides (Arthur, Steevy), une culture de masse fédératrice tirant tout le monde vers le bas (intellectuellement parlant) : M6 et TF1, et Jean Réno. Cette démocratie totalitaire, sécurisée, bien édulcorée, "light", et installée sans violence chez les bien-pensants est, vous l'auriez deviné,  le gouvernement Fillon/Sarkozy. Le retour du roi, titre du dernier tome du Seigneur des anneaux de Tolkien, correspond bien à ce qui va être dit dans cette série. "Retour" du parti et du gouvernement précédents au pouvoir (malgré une volonté de "rupture"), et "du roi" car comme De Gaulle, Sarkozy est un président qui gouverne seul (ce point de vue est celui de son propre parti qui assume en toute "décomplexion" que Sarkozy dirige tout tout seul).

Ce premier volet a pour but de présenter une directive gênante du nouveau président de la république.

Sarkozy n'avait-il pas promis un gouvernement irréprochable le 6 mai ?

Si. Pourtant , il a annoncé que tous les ministres qui se présentent aux législatives et qui ne seraient pas élus députés ne seraient pas reconduits dans le prochain gouvernement.

Au nom d'un gouvernement irréprochable je me serais attendu à l'inverse. J'aurais aimé entendre : "tous les ministres qui seraient élus aux législatives ne seront pas reconduits au gouvernement".

Ainsi le gouvernement Sarkozy met au jour ses velleités oligarchiques, totalitaires et dictatoriales à présenter autant de ministres à l'assemblée. Je pèse mes mots. Quelque soit le régime (monarchie, empire, république...), il existe trois pouvoirs : le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif, le pouvoir juridique. Qu'est ce qu'une dictature ? C'est le fait qu'une personne, ou un groupe de personnes s'arroge ces trois pouvoirs. Le principe fondamental de la république est la séparation très distincte et sans ambiguité de ces trois pouvoirs. Les ministres ont le pouvoir exécutif, l'assemblée nationale a le pouvoir législatif.  Ainsi ces onze futurs députés-ministres (Juppé, Alliot-Marie, Morin, etc...) comptent cumuler deux pouvoirs. Est-ce ceci un gouvernement irréprochable ?

Nous n'avons pas encore parlé du pouvoir juridique: il est détenu par le conseil constitutionnel. Le conseil constitutionnel actuel contient Simone Veil et son président est Jean-Louis Debré. Simone Veil s'est fait connaître pour ne pas avoir respecté son devoir de neutralité (c'est-à-dire l'interdiction faite aux membres du conseil constitutionnel d'exprimer publiquement ses opinions politiques). Elle l'a fait à deux reprises : en 2005 pour soutenir le projet de constitution européenne et en 2007, pour soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy à l'élection. Jean-Louis Debré, soutenait docilement Nicolas Sarkozy avant sa nomination à la présidence courant mars. Il a été nommé après sa longue présidence à l'assemblée nationale, fonction qu'il a utilisé pour permettre à l'UMP-RPR de faire passer leurs lois en douce à l'assemblée quand il n'y avait qu'une quinzaine de députés présents. Aujourd'hui au conseil constitutionnel, il peut permettre à l'UMP d'assurer les pleins pouvoirs, en rendant constitutionnelles des lois immondes qui ne devraient pas l'être, comme celles sur la prévention de la délinquance de 2006 (rappelez-vous, une loi qui prévoyait de déceler les "signes avant-coureurs" de la délinquance dès 3 ans à l'école maternelle en répertoriant sur un fichier national, tout écart de conduite comme par exemple mordre son voisin).

Nous nous préparons donc bien à une dictature avec ce gouvernement. La seule chose démocratique dans l'oligarchie Sarkozy est qu'elle a été délibérément et aveuglement choisie par le peuple. Cette nuance vient de l'art de la séduction :  pour obtenir d'une femme ce que l'on veut, soit on la contraint, soit on la séduit. L'UMP a fait pareil avec le peuple : un dictateur classique, impose une dictature par la force et par un putsch militaire, Sarkozy (tout comme Hitler) l'impose en séduisant au préalable le peuple.

À suivre...

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