Sortir du nucléaire en Iran grâce au Japon ?

Publié le par Marre Des Sangs Chauds !!!

Je me réjouis de la réaction spontanée qui suit les tragiques événements japonais. Contrairement au 11 septembre 2001, où l'on a repassé en boucle les images des avions qui s'écrasaient et les images indécentes des travailleurs qui se suicidaient, sans pour autant réfléchir aux causes et conséquences de cet acte, je trouve que pour le Japon, on a été d'une plus grande pudeur vis-à-vis des victimes et on a pas tardé à se poser les bonnes questions. On aurait pu le faire dès Tchernobyl en 1986, mais à l'époque on avait pas mis cette catastrophe sur le dos du nucléaire, car on pensait que l'explosion était due non pas aux réacteurs en eux mêmes, mais au soviétisme qui délaissait l'entretien de ses réacteurs. Avec le Japon, on se rend compte que les catastrophes nucléaires peuvent aussi survenir dans une monarchie constitutionnelle capitaliste, 3 ème puissance mondiale, respectée par "la communauté internationale". C'est donc bien la faute du nucléaire, et non pas du régime politique. Après le Japon, plus personne ne pourra plus nier ce fait.

 

Je me réjouis que Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix iranienne, a affirmé lors d'une inauguration publique de la rue Shirin Ebadi à Poitiers (en compagnie d'un maire PS frileux) qu'elle était contre le nucléaire, y compris civil. Ceci est réjouissant à deux titres. Tout d'abord, Shirin Ebadi passait pour quelqu'un de plutôt consensuel, même si elle n'hésitait pas à contester la vision biaisée des médias occidentaux sur la situation des femmes de son pays. Cette prise de position fait d'elle quelqu'un de moins consensuelle, donc moins récupérable, donc plus libre et plus audacieuse. Deuxièmement, qu'une telle personnalité adopte une telle position écologiste, donne une lueur d'espoir à ceux qui sont convaincus qu'il n'y a pas d'internationalisme possible sans prise en compte des problèmes écologiques. L'Iran est majoritairement resté sur une vision « trente-glorieuriste » de l'économie. Shirin Ebadi arrivera peut-être à faire émerger en Iran des idées écologistes et sur la critique du développement ? Petit problème : elle est plus écoutée en France qu'en Iran, tout comme un célèbre critique iranien du développement, Majid Rahnema, auteur de La puissance des pauvres et Quand la misère chasse la pauvreté, qui hélas écrit en français et n'est pas publié en Iran.

 

Enfin, en imaginant que l'Iran se mettait à refuser le nucléaire civil, on arrêterait sûrement de le soupçonner de s'équiper de la bombe atomique. Et dans ce cas, on éviterait une nouvelle croisade défendue par BHL, on éviterait que l'armée américaine démolisse les vestiges de Persépolis, de la même manière qu'ils ont rasé des vestiges babyloniens en Irak, et on éviterait de massacrer les populations locales, comme cela se fait allègrement dans « les guerres pour la démocratie ».

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d3/Ebadi.jpg

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