La croissance détruit aussi les traditions des pays du sud !

Publié le par KS!

Article publié dans le journal papier poitevin d'objecteurs de croissance - TINA numéro 1 - novembre 2009 (http://tina-journal.fr )

 

L'Algérie a, au mois d'Août dernier, décalé son week-end, auparavant jeudi et vendredi (le vendredi étant jour sacré pour les musulmans), d'un jour. Désormais le week-end ce sera vendredi et samedi.

 

Pour quelle raison ? Afin de relancer la croissance, pardi ! Et plus particulièrement pour stimuler les entreprises françaises qui sont implantées là-bas et qui mine de rien pèsent un certain poids au niveau économique. Cela les gênait que les algériens ne bossent pas le jeudi et le vendredi, puisque les travailleurs implantés en France bossaient ces jours-là, et que d'après la Banque Mondiale c'était un manque à gagner de 1,2 point de croissance annuelle du PIB. Cet événement est applaudi par le syndicat patronal algérien, et en France par le Conseil français des investisseurs en Afrique (sic), et apparemment par le chroniqueur d'Aujourd'hui en France (édition du 13 août 2009) qui semble n'émettre aucune critique sur l'événement. Ce n'est qu'une étape. Les entrepreneurs français concernés, ne veulent pas en rester là : Jean-Louis Guigou de l'Institut de la prospective économique du monde méditerranéen prédit que « les  autorités algériennes adopteront le « week-end universel » (sic). Par « week-end universel » ce grand humaniste sous-entend bien évidemment le week-end occidental (samedi et dimanche). L'Algérie théoriquement décolonisée, reste encore une colonie française aux yeux de la Banque Mondiale et de beaucoup d'entrepreneurs. De deux choses l'une, soit l'on généralise le travail du vendredi, du samedi et du dimanche, et l'on travaille 7 jours sur 7, ou alors, on adopte un véritable week-end universel. C'est-à-dire un week-end de trois jours : le vendredi, fête des musulmans, le samedi pour le shabbat  et le dimanche chrétien. N'empêche que c'est à portée de main : pour cela il suffirait de passer à la semaine de 32 heures (soit seulement 3 heures de moins que 35), et de travailler 8 heures par jour du lundi au jeudi. On attend avec impatience que nos syndicats se ressaisissent de cette question qu'ils ont légèrement abandonné...

 

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